1. Le départ: Les premières semaines: apprendre la patience
Apprendre à vivre l'inattendu

2. La Bretagne

3. En Vendée et en Charente maritime

4. La Gironde 

5. Les Landes

6. Le Pays basque

7. L'Espagne

8. Le sud de la France

9. Retour en Belgique puis la Bretagne et la Vendée, départ pour les Pays-Bas

10. Danemark

11. Suède et Finlande

12. Estonie, Lettonie, Lituanie

13. Pologne

14. République Tchèque et Hongrie

et...

Rendez-vous en chansons - Rendez-vous of songs le 6 juin 2006

Carnet de bord





Quitter le petit village ardennais de Clerheid, en famille, en roulotte, accompagnés d’animaux… pour partir pendant deux ans à la rencontre des enfants, des pédagogues… et des gens. Tel est le projet qui mobilise Pascale et Jean-Denis Lilot et leurs enfants. En chemin, ils s’arrêtent dans quelques écoles pour lancer le projet « jardinières »... 


Le projet est soutenu, en partie, par la Région Wallonne, La province du Luxembourg, Action vivre ensemble et par des sponsors privés.




 

Le départ

Nous sommes partis le 2 avril 2004. Nous c’est Jean-Denis, Pascale, Emeline (9 ans), Anouchka (7 ans), Charles (5 ans) et Maïté (2 ans). Nous avons quitté l’école de Clerheid entourés d’enfants, d’amis, de gens de Clerheid et d’ailleurs. Il y a un air de fête dans l’air. Devant les caméras et les micros de la RTBF (les Niouzz), les enfants chantent « Au revoir petits ballons », « Le sac de blé » et « Chanson pour la lune ».

C’est beau et émouvant. Quelques dizaines de minutes pour dire au revoir et nous embarquons dans notre roulotte, tiré par le tracteur, en attendant les chevaux... Les enfants précèdent la roulotte en chantant « Love c’était son nom. Un vagabond qui vivait de soleil, d’espace et de chansons… ». Première nuit, à Fisenne, au château ferme où nous accueille la famille de Beauvoir.  

 

 





Les premières semaines : apprendre la patience

Le 3 avril, direction Verdenne. Les deux chevaux, Fia et Safleur, l’âne Wintou, la chèvre Ambre nous accompagnent. La roulotte traverse la campagne tiré par le camion car les chevaux ne sont pas suffisamment débourrés pour être attelés directement. A Verdenne, nous sommes accueillis à la ferme, chez Anne-Françoise Georges, où nous prévoyons de rester 12 jours pour continuer à apprendre aux chevaux à tirer notre roulotte, à répondre aux ordres de leur maître. Très vite, nous nous rendons compte qu’il faut un troisième cheval pour tirer notre roulette qui pèse 3 tonnes.

Le 9 avril : arrivée de Betty,  une grosse, brave, belle et gentille jument de trait ardennaise. A Verdenne, les jours s’écoulent, la pluie ruisselle le long de la roulotte. A l’intérieur, il fait chaud et douillet. Les enfants trouvent leurs marques et s’habituent très vite à leur nouvel espace. Bien sûr, c’est plus petit qu’une maison. Mais déjà, nous nous y sentons chez nous.







La ferme est belle, vaste et accueillante. Les amitiés se nouent entre les enfants de la roulotte et ceux de la ferme. Le travail avec les chevaux s’avère plus difficile que nous l’avions imaginé. Un étalon au milieu de deux juments, il faut le reconnaître, ce n’est pas une mince affaire…


Le 15 avril 

nous quittons Verdenne, où nos enfants ont réussi à s’habituer tout en douceur à leur nouvelle vie. 

Nous arrivons à Ambly chez Jean-Marie Paque, l’instituteur de Harsin qui participe avec son école
au projet jardinières.

Le 16 avril

Nous sommes accueillis à la ferme de fer à Harsin par Dominique, Brigitte et Craig.
Notre roulotte est installée dans une grande prairie à l’orée du bois. Un petit ruisseau y coule.
L’accueil est vraiment chaleureux. Nous pensons rester ici le temps qu’il nous faudra pour être
prêts avec nos chevaux et notre attelage. Atteler trois chevaux, ce n’est pas simple.
Jean-Denis doit rencontrer plusieurs hommes de métier, faire fabriquer du matériel supplémentaire par le forgeron, chercher de nouveaux harnachements. Tout en continuant à travailler avec les chevaux. Le temps s’écoule. Nous faisons l’apprentissage de la patience et nous sommes forcés de reconnaître que nous connaissons bien peu de choses au monde des chevaux et à l’attelage. A Clerheid, nous avions un seul cheval à mener, que nous connaissions parfaitement. Ici, un des chevaux refuse carrément de tirer, un autre a des ardeurs trop vives, les harnachements lâchent… ! Avant de partir, nous avions répondu à la question « pourquoi partir en roulotte ? » « Certainement par souci d’originalité, avec tout ce que cela comprend de fragile. »

L’expérience de la fragilité commence fort.

Nous sommes soumis à une grande incertitude et nous nous demandons si notre rêve est faisable. Pourtant, nous décidons de nous accrocher. C’est notre projet, notre chemin. Même s’il est périlleux, continuons.

Le 23 avril

Nous faisons appel à un homme de métier Jean-Paul Moureaux, débardeur, débourreur, atteleur pour nous guider dans l’organisation de l’attelage. Le travail avec les chevaux avance de manière progressive : les chevaux sont entraînés à répondre aux ordres seuls puis en paire et enfin à 3. De Clerheid, nous avons avancé le traîneau du Père Noël et la roulotte pour les inciter à tirer des charges de plus en plus importantes. La jument Fia est retournée chez son propriétaire. Elle est remplacée par Cric un cheval de trait breton, très familier. 









Pour les enfants, l’école a repris depuis le 19 avril, dans la roulotte, avec leur maman comme institutrice. Entre les travaux scolaires, ils jouent dans la grande prairie. Chaque jour, ils courent, se roulent dans l’herbe, cherchent des pommes de pin pour le feu, jouent dans le ruisseau et font des bateaux de papier. Ils construisent des cabanes, inventent une pièce de théâtre et jouent avec leurs amis de Harsin.  






Emeline et les travaux d'école

Le 18 mai, nous touchons au but. Notre roulotte est tirée la première fois par les 3 chevaux sur la route. Les enfants bondissent de joie. 

Le 20 mai, nouvel essai avec la roulotte et le 3 chevaux sur 3 kms. Tout va bien.







Le 22 mai : Ça y est! nous partons pour de bon, direction Chevetogne, puis  Dinant, Tournai. L'école de Dergneau nous attend. La roulotte s'éloigne tirée par Safleur, Betty et Cric. Notre sentiment est fort de prendre enfin le large. 






Les enfants sont à la fête.







C'est beau de traverser la Famenne.     



                                       

 




Le 23 mai

Etape à Chevetogne chez nos amis, Florence et Patrick. Dans le quartier, les voisins sont intrigués et curieux. Très vite un courant de sympathie s'installe. Un voisin électromécanicien achève de raccorder nos panneaux solaires. C'est dimanche il fait beau. Les gens se rassemblent. Patrick sort un casier de bières. Une roulotte rue Bacha... ce n'est pas un jour ordinaire. 

Au moment de repartir, tout un comité est rassemblé pour nous souhaiter bon voyage. Nous partons chargés des provisions qui nous sont offertes.

Le 24 mai 





Etape à Dorinne dans le Condroz.










"Là-bas, une dame nous a invités dans son jardin. Il y a même un étang. Dans l'étang, il y a une cascade, une fontaine." Emeline

Le soir, nous sommes accuillis à la ferme de l'Abbaye de Moulins, à Amhée, où les propriétaires, Monsieur et Madame de Changy nous offrent gracieusement le gîte. C'est l'occasion de donner un bon bain aux enfants.

Le 25 mai

Nous quittons Moulins, nous parcourons la très jolie vallée de la Molignée. Le soleil brille. La route est belle. Les chevaux tirent bien. Plus loin, les chevaux ayant assez travaillé pour la journée, nous poursuivons en tirant la roulotte avec le camion. Pas longtemps, car une des roues en bois de la roulotte commence à brûler. La graisse du moyeu a chauffé. Nous sommes donc forcés de nous arrêter. La roulotte reste là et nous continuons en camion jusqu'à Jamioulx où nous sommes attendus pour souper chez deux cousines âgées, Miette et France. Elles ont une grande maison et peuvent nous recevoir pour la nuit.

Le 26 mai

Le camion tombe lui aussi en panne. La roulotte et le camion sont tous deux emmenés par une dépanneuse jusqu'à Marcinelle dans un garage. Notre désarroi est grand. Les réparations ne seront pas faciles. Il faut refabriquer des pièces. Heureusement, Jérôme Larive, le dépanneur et garagiste est de bon conseil et il accepte que Jean-Denis fasse en partie lui-même les réparations (cela limite les frais!)






Les jours qui suivent, Jean-Denis parcourt à vélo, par monts et par vaux, la région de Charleroi depuis Marcinelle jusqu'à Gerpinne où un soudeur refait les pièces en fonte en repassant par Jamioulx... 


Le 7 juin:Enfin, tout rentre dans l'ordre. Les réparations sont achevées.

Les cousines de Jamioulx, qui croyaient nous accueillir pour une nuit, nous ont finalement reçus deux semaines. Malgré leur grand âge (87 et 88 ans),  elles ont accueilli nos enfants avec beaucoup de souplesse, beaucoup de gentillesse, d'attention... et d'humour.

 

 




Apprendre à vivre l'inattendu

Le 8 juin

Nous quittons Jamioulx. Les enfants y ont été heureux. Ils ont joué avec les voisins, se font des amis... mais retrouver leur roulotte et repartir c'est une grande joie. Quant à nous, les parents, nous apprenons à vivre au jour le jour en nous apprêtant à vivre l'inattendu.

Le 9 juin

Nous logeons sur la place Merbes-Sainte-Marie. Nous sommes accueillis pour le souper chez Brigitte et Eric qui, étant passionnés de chevaux, ont décidé de nous encourager et d'héberger les animaux.

De retour sur la place, une habitante emmène Charles dans son jardin pour cueillir quelques fleurs. Une autre voisine veut savoir si nous ne manquons de rien et amène un paquet de bonbons.

Ce qui  nous frappe, depuis notre départ, c'est la gentillesse des gens, leurs marques d'attention, leurs encouragements.






Le 10 juin

Vellereille-le-Sec. 







Alors que nous cherchons un endroit pour passer la nuit, nous sommes emmenés par un fermier dans une cour intérieure où la roulotte se trouve bien blottie, encadrée de murs blancs, de fleurs, de chiens et de chats. L'accueil est chaleureux. Maryse, la fermière, nous apporte des frites. C'est la fête pour les enfants.

Le 11 juin

Nous passons la journée à Vellereille car nous cherchons un maréchal ferrant. Herman, le fermier et son fils Bernard décident d'installer un frein à l'avant de  notre roulotte, ce qui lui apporterait une plus grande praticabilité. Actuellement, le frein mécanique nécessite qu'une personne marche à l'arrière. Avec un frein à l'avant, Jean-Denis pourrait à la fois tenir les guides et freiner.

C'est un travail important qui nécessite du temps, du matériel et une bonne expérience de la soudure, de la ferronnerie. Herman et Bernard travaillent jusqu'à 3 heures du matin, ainsi qu'une partie de la matinée... en plus des tâches de la ferme! Le pari est tenu. Les freins fonctionnent. Nous sommes émerveillés par leur savoir-faire et touchés par leur générosité.   




 



Le 12 juin

Nous quittons Vellereille-le-Sec. Nous n'oubierons pas la générosité et l'accueil de cette famille, les fleurs, les crêpes, les oeufs, le lait offerts par Maryse et la joie des enfants dans cette cour fleurie.

Le 13 juin

Nous arrivons à Anvaing, petite localité du Pays des Collines. Demain, nous rencontrerons les enfants de l'école communale de Dergneau (le village voisin) pour une animation autour du projet "jardinières".



 







Le 14 juin

 La roulotte est installée dans un pré juste derrière l'école d'Anvaing.

 Ce matin, nous présentons notre projet aux enfants. Les élèves de maternelle se rassemblent dans la roulotte, il y a des petits bouts dans tous les coins.

Durant l'après-midi, nous rencontrons les enfants de l'école de Dergneau qui se lanceront dans le projet "jardinière" en septembre. C'est dans le petit verger derrière l'école que les enfants planteront.



 






Sur le chemin du retour, l'athmosphère est orageuse. Jean-Denis effectue une manoeuvre délicate avec la roulotte et, dans l'urgence il doit dételer les chevaux. Safleur, l'étalon, lui envoie trois gros coups de sabot. Résultat, de gros hématones et une mobilité réduite pour deux semaines. Le choc est rude et le désarroi, à nouveau, est grand. Nous décidons de nous séparer de Safleur, étalon trop impulsif.

Nous voilà avec un cheval de moins et une immobilité forcée. Heureusement, Jérome qui avait depanné le camion pourra nous emmener avec la roulotte en Bretagne sur un semi-remorque. Ce qui nous permettra de rattraper le temps perdu et d'arriver comme prévu fin juin pour rencontrer les enfants et les enseignantes de l'école de Saint-Laurent sur Oust. 

Le 19 juin

Nous quittons Anvaing, petit village bien accueillant. Nous n'oublierons pas ces quelques familles qui ont veillé sur nous alors que nous en avions besoin. Notre départ, étonnant sur la place du village, attire les curieux. Les gens sortent, le café se vide.










Et nous partons, partagés entre l'espoir et l'incertitude: retrouvera-t-on en Bretagne un cheval pour remplacer Safleur? Une chose pourtant est sûre: nous sommes impatients de rencontrer les enseignantes et les enfants qui nous attendent dans ce petit village du Morbihan.

 

... En Bretagne




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